Je n'aime pas mon corps
- bouf11
- 3 avr.
- 4 min de lecture
d'où vient ce sentiment, et ce qui peut vraiment le changer
C'est une phrase que j'entends souvent. Pas toujours avec ces mots-là — parfois c'est :
"je ne me sens pas bien dans ma peau", "je suis déconnectée de mon corps",
"mon corps ne m'appartient pas vraiment".

Derrière ces formulations différentes, il y a la même expérience : un écart. Une distance entre soi et ce corps qu'on habite pourtant depuis toujours.
Ce n'est pas une question de poids, de forme, d'âge. Des femmes minces, jeunes, objectivement "dans les normes" vivent exactement ce sentiment. Parce que ce n'est pas une question de corps. C'est une question de rapport au corps.
Ce n'est pas votre corps le problème
Votre corps n'a rien fait de mal. Il est là, il respire, il porte tout ce que vous avez traversé. Il a absorbé des regards, des jugements, des blessures. Il a appris à se contracter pour prendre moins de place, à se refermer pour se protéger, à se dissocier pour survivre à ce qui était trop.
Ce que vous ressentez comme "ne pas aimer votre corps", c'est souvent le résultat d'une accumulation — de regards conditionnels, de honte transmise, d'expériences où votre corps a été traité comme un objet à évaluer plutôt qu'un être à accueillir.
Isabelle, qui est venue me voir en première expérience de massage tantrique, le décrit avec une précision rare : "Mon corps ne m'ayant que très peu appartenu depuis le début de ma sexualité." Elle ne parle pas de son corps comme d'un ennemi. Elle parle d'une dépossession progressive, installée si doucement qu'elle était devenue invisible.
Ce n'est pas une fatalité. C'est une histoire. Et les histoires peuvent changer.
Le mental comme rempart — et comme prison
L'une des choses les plus fréquentes que j'observe, c'est le rôle du mental dans cette distance au corps. Il analyse, il anticipe, il protège — et ce faisant, il coupe. Il coupe le flux entre la tête et le ventre, entre la pensée et la sensation.
Audrey, qui se décrit elle-même comme quelqu'un avec "un mental trop fort", a découvert quelque chose lors de sa première séance : le corps peut lâcher prise bien avant que le mental ne l'ait décidé. Il suffit que les conditions soient réunies — un espace sécurisé, un toucher juste, une présence sans jugement.
Élisabeth, elle, avait "un mental très présent à certains moments" pendant le massage. Et pourtant, elle a réussi à se déconnecter. Elle appelle ça une "vraie victoire sur ses complexes". Pas une victoire contre son mental — une victoire rendue possible parce que quelque chose d'autre, plus profond, a pris le relais.
Ce quelque chose, c'est le corps lui-même. Quand il se sent en sécurité, il sait exactement comment revenir.
Ce que la pensée positive ne peut pas faire
Il existe des dizaines d'approches pour "apprendre à aimer son corps" : les affirmations positives devant le miroir, la méditation de pleine conscience, la thérapie cognitive. Ces outils ont leur valeur. Mais ils ont une limite commune : ils passent par le mental pour atteindre le corps.
Or le rapport difficile au corps n'est pas qu'une croyance. C'est une mémoire physique. Les épaules qui se ferment, le ventre qui se contracte, la respiration qui se fait courte — ce ne sont pas des pensées. Ce sont des réponses corporelles installées parfois depuis des années, des décennies.
On ne défait pas une mémoire physique avec des mots. On la défait avec du corps.
Ce qui se passe quand le corps est vraiment accueilli
Lors d'une séance, Isabelle a vécu quelque chose qu'elle n'attendait pas : "Mon sexe était dissocié de mon corps — et finalement, je me suis laissée aller très rapidement. Cela se fait naturellement, comme une continuité."
Ce n'est pas moi qui ai convaincu son corps de se reconnecter. J'ai créé un espace — de sécurité, de présence, de non-jugement — et son corps a fait le reste. Parce que le corps sait. Il attend simplement les conditions pour se souvenir.
Ce que je cherche dans chaque séance, c'est ça : l'endroit où la lumière est encore là, même recouverte. Où le plaisir existe encore, même enfoui. Où la vie circule, même ralentie.
Je vois chaque personne comme une nouvelle âme, une nouvelle couleur. Pas son histoire, pas ses complexes, pas ce qu'elle pense ne pas mériter. Ce qu'elle est, dans sa totalité, maintenant.
Quand quelqu'un reçoit ce regard — vraiment, sans réserve — quelque chose change dans le corps. Pas spectaculairement. Pas d'un coup. Mais réellement.
Élisabeth l'a dit simplement : "J'ai simplement pu être moi-même, sans retenue."
C'est peut-être ça, au fond, aimer son corps. Pas le trouver parfait. Juste pouvoir l'habiter sans retenue.
Ce n'est pas une guérison. C'est un souvenir.
Je ne prétends pas guérir qui que ce soit. Le rituel n'a pas d'intention thérapeutique au sens clinique du terme. Ce qu'il peut faire, c'est créer l'espace où le corps se souvient de ce qu'il est capable de ressentir.
Se réconcilier avec son corps ne demande pas des années de travail sur soi supplémentaires. Ça demande, parfois, une seule expérience où le corps est traité comme ce qu'il est vraiment : quelque chose de sacré.
Nous sommes tous des dieux et des déesses. Pas au sens religieux — au sens de cette valeur absolue, de cette lumière intérieure que chaque corps porte indépendamment de son histoire.
C'est ce que je vois. À chaque séance. Sans exception.
Si ce que vous venez de lire résonne avec quelque chose en vous, je vous invite à en parler. Je reçois à Guyancourt, dans les Yvelines, à cinq minutes de Versailles. Chaque première séance commence par un échange téléphonique — pas pour valider une demande, mais pour que vous puissiez poser toutes vos questions et sentir si c'est le bon endroit pour vous.




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